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Autor: Victor Hugo

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M. Félix Tholomyès, resté dans sa province et n'ayant jamais vu
Paris, serait un de ces hommes-là.
S'ils étaient plus riches, on dirait: ce sont des élégants; s'ils
étaient plus pauvres, on dirait: ce sont des fainéants. Ce sont
tout simplement des désoeuvrés. Parmi ces désoeuvrés, il y a des
ennuyeux, des ennuyés, des rêvasseurs, et quelques drôles.
Dans ce temps-là, un élégant se composait d'un grand col, d'une
grande cravate, d'une montre à breloques, de trois gilets
superposés de couleurs différentes, le bleu et le rouge en
dedans, d'un habit couleur olive à taille courte, à queue de
morue, à double rangée de boutons d'argent serrés les uns contre
les autres et montant jusque sur l'épaule, et d'un pantalon olive
plus clair, orné sur les deux coutures d'un nombre de côtes
indéterminé, mais toujours impair, variant de une à onze, limite
qui n'était jamais franchie. Ajoutez à cela des souliers-bottes
avec de petits fers au talon, un chapeau à haute forme et à bords
étroits, des cheveux en touffe, une énorme canne, et une
conversation rehaussée des calembours de Potier. Sur le tout des
éperons et des moustaches. À cette époque, des moustaches
voulaient dire bourgeois et des éperons voulaient dire piéton.

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